Refuge de Pombie - Ruines de Bétéret Vendredi 14 août 2009 - Etape 4/6
Une étape qui réserve des surprises...
Aujourd’hui, longue, longue étape entre Pombie et les ruines de Bétéret. On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, alors, fort de cette excellente maxime mon petit-déjeuner sera avancé et mon départ sera pour 7h35. Une photo avant de quitter la zone de bivouac et me voilà reparti pour 25 minutes d’éboulis avant de franchir le col de Suzon. Je ne traîne pas au col et entame la descente vers le lac de barrage de Bious-Artigues.
Descente sans difficulté qui se termine dans le bois de Bious Artigues au bord du lac. J’en profite au passage sur le parking pour jeter dans des containers prévus à cet effet, mes déchets conservés depuis trois jours. J’entame alors une descente sur le goudron puisque le seul itinéraire est celui de la petite départementale qui serpente le long du gave de Bious qui mène à Gabas.
Trop de bitume pour moi, mes pieds chauffent inutilement et je décide alors, d’un coup de pouce de rejoindre Gabas où je repars sur l’itinéraire du GR10. Une voiture espagnole qui remontait vers le col du Pourtalet m’aura épargné 3km de route bien inutile.
11h00, je suis à la centrale d’Artouste et après avoir traversé le gave d’Ossau j’entame une petite grimpette sur le sentier du GR10 dans le bois « Lacoussole ». Je suis alors surpris par le dénivelé, car d’emblée, ça monte pas mal et assez longtemps, c’est pas vraiment ce qu’indiquait la carte et parfois les tracés sont bien trompeurs. Cette zone boisée va pourtant me réserver encore pas mal de surprises…
A 12h00, mon allure est correcte et sans avoir perdu de temps je marque une pause repas à l’intersection de la variante du GR10, à savoir l’itinéraire plus classique mais plus long et l’autre, plus délicat, vertigineux mais plus court, j’opte alors pour le plus court.
13h00, me voilà parti sur la variante qui mène à la corniche des Alhas. Impressionnant petit sentier, à l’image du chemin de la mâture. Celui-ci est équipé d’une main courante (cable en acier) qui permet de s’assurer si besoin en était, faut dire qu’à gauche c’est 100m vertical ! Je préfère marcher d’un pas tranquille mais sûr et je rejoins sans encombres la cascade du gave de Soussouéou, ça donne envie de se baigner, mais la route est encore longue.
C’est après que le calvaire commence ! ayant estimé que je possédais suffisamment d’eau je n’ai pas recomplété mon camelback à la dernière source et surtout je n’avais pas envie de me charger de 2l d’eau supplémentaires compte-tenu du dénivelé à gravir.
La montée dans le bois Lacoussole est difficile, et pour cause, en 1,5km on monte de 400m. J’ai déjà derrière moi pas mal de kilomètres dans les pattes et là il me reste à en sortir, puis prendre un sentier sur au moins 5km avant le bivouac. Je vais y mettre pas mal de temps, à 14h20, je sors au grand jour, plus d’ombre, assoiffé et rêvant d’une source à l’eau pure et fraîche. Hélas il me reste tout juste 1,5l en réserve pour le soir et tenir jusqu’à un éventuel point d’eau.
Miracle, 2km plus haut, je croise un berger qui m’indiquera une source aux cabanes de Cézy où l’eau coule en permanence, je fais un léger détour et la vue de cette source miraculeuse me réjouis. Je remplis alors mon camelback et mes deux bouteilles de réserve. L’eau est fraîche, c’est un véritable bonheur, il me reste maintenant à me rendre vers mon bivouac.
16h10, après une bonne marche soutenue sur un sentier agréable au pied des falaises de la grande Arcizette, j’arrive aux ruines de Bétéret, je monte la tente et je prends le temps de faire une grosse pause avant un repas bien mérité. Un berger qui descend avec ses trois chiens prends un moment avec moi et nous parlons surtout de la fabrication des fromages de brebis (appellation d’origine contrôlée Ossau-Iraty) qu’ils vendent dans la vallée. Ces gens là font un travail formidable qui représente des efforts considérables au quotidien, il suffit de gravir les pentes de ces régions pour s’en persuader !
21h30, la nuit ne tarde pas à noircir les falaises de la grande Arcizette, demain sera un jour nouveau et je l’espère aussi rempli qu’aujourd’hui.